XIE Jing | 谢晶

Philosophie | 哲学

 

 Résumés | 内容提要

Lundi 14 janvier 2019

La « personne » comme catégorie sociologique : de Durkheim à Ortigues

Comment la « personne » est devenue une catégorie sociologique – une idée dont la compréhension ne peut se passer d’une « aperception sociologique » ? En examinant sa conceptualisation par Durkheim (individualité et personnalité comme impératif), Mauss (personne comme catégorie), Dumont (individu comme valeur et idéologie), Lévi-Strauss (individuation comme classification) et Ortigues (personne comme unité linguistique et juridique), on se rend compte que, avec au fond un regard critique de la société moderne, la sociologie de la « personne » s’installe dès le départ dans une perspective comparative qui se veut unifiante : il faut rappeler aux modernes (« nous » les modernes) le « roc humain » sur lequel se bâtissent les autres sociétés et les « nôtres ». Or elle encourt en même temps le risque de perdre cette unité, traversée de bout en bout par la tension entre radicaliser la différence et reconstituer l’identité. La « personne » est-elle une catégorie universelle comme le suggère l’anthropologie sociale française ?

 

Jeudi 17 janvier 2019

La Chine antique par-delà le dualisme (I) : la divination et le destin

Si l’on essaie d’appliquer la sociologie de la « personne » à la Chine antique, on serait d’abord tenté de présenter cette dernière comme un cas parfait de l’alternative entre l’homo hierarchicus dans le monde et l’individu hors du monde. Or, le premier type de personnalisation en Chine que nous analyserons montrera les limites de ce cadre dualiste (que partagent Weber et Dumont). Il s’agira des techniques de divination, dont nous évoquerons les grands principes exposés dès le Livre des mutations. Nous relèverons notamment deux traits : ces techniques singularisent les êtres humains d’une manière remarquablement efficace ; 2) rendues directement possibles par une cosmologie, elles joue pourtant un rôle primordial, car normatif, dans la vie sociale. 

 

Mardi 22 janvier 2019 

La Chine antique par-delà le dualisme (II) : les pratiques ascétiques

Les pratiques d’ascèse constituent un autre type de personnalisation en Chine. Nous en analyserons deux sortes que l’on tient d’habitude pour opposées, à savoir la culture de soi pour devenir des hommes vertueux (idéal confucéen), et la conservation de soi pour devenir des hommes véritables et saints (idéal taoïste). Même si de nombreux traits les opposent, il est possible de remarquer leurs points communs à un niveau plus fondamental, ce qui rendrait réductrice la thèse selon laquelle l’homme chinois serait soit un individu hors du monde soit un statut hiérarchisé dans le monde.

Au lieu de conclure sur l’applicabilité universelle ou non de la sociologie de la « personne », la considération du cas chinois nous incite à déplacer notre point de vue : la dimension critique de la sociologie en question implique qu’elle n’a pas à s’appliquer telle quelle chez les « autres ». Ce qui serait peut-être « applicable » (cette fois non pas comme description mais comme performatif), c’est le type de rapport collectif qu’elle a élaboré – rapport qu’une société devrait engager avec elle-même.